| Rapport Hénart : Xavier Bertrand préfère "demander des efforts en termes de formation plutôt que de |
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Source : Le Quotidien de la Formation
"Décloisonnons le système de santé français" a plaidé Xavier Bertrand, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé le mercredi 2 février, lors de la remise du rapport Hénart, Berland et Cadet sur les métiers de santé de niveau intermédiaire. Pour le ministre, ce rapport "constitue une juste vision de notre système de santé dans l’avenir", à savoir qu’une partie du territoire souffrira d’un manque de professionnels de santé d’ici à l’horizon 2030, surtout pour les personnes âgées ou en situation de handicap pour lesquelles "il est nécessaire de lutter contre le cloisonnement".
"Plus la médecine devient technologique, plus elle doit être humanisée", a martelé Xavier Bertrand, lors de son allocution. Sur le volet formation, le ministre a insisté : "je préfère demander des efforts en termes d’objectifs de formation plutôt que de devoir sacrifier des professionnels de la santé". Selon lui, le rapport Hénart s’avère "visionnaire". Le ministre a par ailleurs insisté sur la nécessité d’accompagner la réforme à venir par la mise en place d’un comité de pilotage afin de superviser le processus d’étude. "Beaucoup de professionnels de santé considèrent que la France subira un "creux" de santé, provoqué par la baisse du nombre de praticiens jusqu’en 2030. A cette date, le ratio du nombre de médecins par habitant sera inférieur à celui de l’année 2000. Notre pays va connaître un déficit d’accès aux soins médicaux", a annoncé Laurent Hénart. Si la formation des infirmiers est désormais reconnue au niveau de la licence, les autres formations médicales (sage-femme, etc) et apprentissages paramédicaux sont en cours de rénovation et de reconnaissance universitaires. "Il est donc temps de réfléchir aux perspectives à donner aux professionnels de santé disposant d’une compétence acquise au niveau master : notre système a besoin de nouveaux professionnels paramédicaux dans plusieurs domaines. Il est nécessaire d’entrer dans la médecine du XXIe siècle et de rapprocher le paramédical d’aujourd’hui avec l’Université", a précisé Xavier Bertrand. Former des professionnels à un niveau intermédiaire entre les paramédicaux (formés généralement en trois ans) et les médicaux (dont la formation s’étale entre neuf et onze ans) permettrait de fluidifier les prises en charge, assurerait la sécurisation des pratiques et permettrait la reconnaissance de l’expertise acquise par ces personnes.Par ailleurs, les médecins pourraient se recentrer sur leur coeur de métier. Le rapport Hénart, Berland et Cadet propose des réponses pragmatiques, en insistant sur la nécessité de former des paramédicaux au niveau Master, afin que ces derniers puissent prendre en charge les pathologies chroniques dans des conditions précises. Ces nouveaux personnels médicaux à responsabilité définie devraient ainsi pouvoir intervenir en relais du médecin, en étant eux-mêmes dotés d’un pouvoir de prescription. Ces questions sont au centre de leur formation : "il est nécessaire d’envisager certes la licence, mais aussi aussi le DU, le DIU ou le Master pour ces professionnels", a souligné Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Des questions d’autant plus cruciales que la loi HSPT pose désormais, dans son article 51, le principe de la coopération entre les professionnels de santé. C’est-à-dire, pour certains professionnels paramédicaux, la possibilité d’exercer au-delà de leurs actes traditionnels. "En 2030, je ne serai probablement plus ministre", a indiqué Xavier Bertrand, "mais je sais qu’à cette date, nous aurons toujours besoin de médecins". |
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